Des accents africains au cœur du « P’tit Québec »
Papa Ibrahima Coulibaly possède la même voix calme que Boucar Diouf ainsi que le même phrasé : un beau mélange de joual et de wolof.
Tout comme l’humoriste québécois avec qui il partage également ses origines sénégalaises, Papa avait d’abord envisagé d’étudier à Rimouski. Ce sont les droits de scolarité plus bas que ceux des autres universités et l’offre unique de cours en bloc qui l’ont attiré à Hearst, il y a 10 ans.
Papa, qui a fait partie des quatre premiers étudiants africains de l’Université de Hearst, est aussi rapidement tombé amoureux de cette ville autoproclamée capitale nationale de l’orignal
où il a découvert la motoneige, de longues rides et des curves qui te shakent le corps
, précise le jeune homme.
Désormais à l’emploi de l’Université de Hearst, Papa se souvient de l’accueil chaleureux qu’il a reçu. Quand je me rendais travailler à l’épicerie locale, tout le monde voulait me donner un lift. Mes nouveaux voisins voulaient tout savoir du Sénégal, ils faisaient des recherches sur Internet pour mieux parler du pays avec moi.
Tout le monde en ville l’appelle Papa. C’est son prénom, bien sûr, et il est aussi papa de deux garçons qui gèrent le froid beaucoup mieux que leur père
, confie celui dont l’épouse, Geneviève Gratton, est une fille de la place
.
En tant que doyen africain de la ville, il est également devenu le parrain
de celles et ceux qui arrivent d’Afrique pour étudier en ville. Pas seulement à mon bureau, ma maison leur est toujours ouverte
, indique le trentenaire travaillant au registrariat de l’université où il aide les étudiantes et étudiants immigrants à la fois dans leur parcours universitaire et dans leur nouvelle vie nordique. Ce qui le surprend, c’est que certaines personnes venues à Hearst seulement pour y faire leurs études choisissent parfois d’y revenir après avoir tenté l’expérience des métropoles canadiennes.
Stessy Ndongo Mombo, un ami de Papa, est une de ces personnes. Ce Gabonais s’est brièvement établi à Montréal après ses études à l’Université de Hearst, mais il est revenu dans le Nord ontarien seulement quelques mois plus tard pour y ouvrir son entreprise de déménagement.
Dans la métropole québécoise, Stessy n’a pu trouver aucun appui pour ses projets d’affaires, alors que, dès son retour en ville, une commerçante de Hearst, Gina Despaties, a choisi de le mentorer et lui a même prêté un camion pour qu’il puisse effectuer ses premiers contrats.
« J’aime pas Hearst, j’adooore Hearst! »
Stessy est l’un des rares Africains à avoir osé jouer au hockey, véritable religion à Hearst, et ce sur la patinoire qu’ont fréquentée Claude Larose et Claude Giroux, des légendes de la ligue nationale originaire de la région. Le jeune homme est ensuite devenu adepte de la pêche sur glace.
Advertising by Adpathway




